Mlle Lavernière hésita.

—C'est-à-dire, il me semble bien...

—Pardi, c'est Mme Garnier, le cornac de mes cousines Serveroy!... Que diable fait-elle dans cette maison?

Et Cady examina soupçonneusement le porche sombre. De chaque côté de l'entrée étaient appendues des plaques commerciales appartenant à une couturière, une modiste, une agence de contentieux.

La jeune fille revint désappointée.

—Entrons.

Dans la salle aux tentures vertes encadrées d'acajou, éclairée par des guirlandes de fleurs électriques, la musique assez bruyante couvrait à peine le bourdonnement des conversations très élevées.

Toutes les tables étaient occupées; des arrivants allaient et venaient, montaient au premier étage pour découvrir un guéridon libre et redescendaient désappointés. Les uns sortaient, l'air déçu; d'autres s'entêtaient, attendaient debout et anxieux que quelqu'un sortît. Il semblait qu'il y eût un attrait immense à consommer du chocolat huileux et du thé de l'Inde exécrable en ce lieu, que desservaient avec une négligence pleine de désinvolture des «maids» en tabliers à bretelles et des nègres vêtus de blanc, le visage d'un noir d'ébène poli couronné de la masse crépue de leur épaisse chevelure.

Mlle Lavernière s'inquiétait.

—Mon Dieu, nous ne pourrons trouver de place... Alors, comment votre père nous rejoindra-t-il?