Absorbée, elle rassemblait les vagues indications arrachées à sa mère; elle essayait, le cœur encore navré par la disparition des photographies, de reconstituer nettement l'image de cet Armand Wœchlin qui lui ressemblait si singulièrement et qui s'était suicidé...
Puis, comparant des faits:
—Pourquoi m'a-t-elle dit qu'il était mort avant ma naissance, ce n'est pas exact, songea-t-elle. S'il est mort il y a onze ans, j'avais alors un an...
Et, ne pouvant se soustraire à sa hantise, elle prit une glace à main et s'examina de profil, la tête penchée, dans l'attitude du jeune homme qui lisait.
Mais, à présent, le souvenir de l'autre s'estompait, lui échappait; elle ne savait plus si la ressemblance qui, naguère l'avait frappée, existait réellement.
Une idée subite la traversa.
—Mathurine a dû le connaître, je vais lui écrire et la questionner.
Elle courut à la table, où elle disposa du papier et une enveloppe.
—Que faites-vous, Cady? demanda Mlle Armande.
—J'écris à ma nourrice, répondit la fillette brièvement.