—C'est bon, je m'habille.

—Voulez-vous que je vous aide? proposa l'institutrice, un peu radoucie.

—Non, merci, répondit la fillette glacialement.

Ayant pris le Métro, elles entraient vingt minutes plus tard, boulevard de Clichy, dans le petit hôtel avec jardin et vastes dépendances où se tenait l'Académie qui avait à ce moment la vogue mondaine, grâce à l'habileté et à la science réclamiste de son directeur, le peintre Jacques Morisset.

Cady se dirigea seule vers l'atelier situé au fond du jardin, où elle retrouverait ses deux cousines Serveroy. Mlle Armande entra dans le pavillon-vestiaire, où attendaient les institutrices, les gouvernantes et les simples bonnes, adroitement réparties en plusieurs pièces, où les classes et les nationalités s'assortissaient.

Quand une mère avait la fantaisie d'amener ou de reprendre sa fille, c'était dans l'un des luxueux salons de l'hôtel qu'elle était reçue, par la femme ou l'une des trois délicieuses nièces de Jacques Morisset.

Mlle Lavernière piqua droit sur Mme Garnier, qui, après avoir rangé au vestiaire les manteaux et les chapeaux de ses élèves, s'apprêtait à sortir.

—J'ai à vous parler, dit-elle avec une expression qui intrigua immédiatement sa confidente.

La vieille dame hésita un instant; puis, la curiosité l'emporta et elle se décida.

—Venez avec moi, j'ai à sortir, nous causerons en route... Nous avons deux heures à nous avant de reprendre ici ces demoiselles.