Et, la feuille de papier rejetée, il s’enfonça dans son fauteuil, et roula une cigarette.

Avec un soupir d’aise, Cady vira sur elle-même, et s’étendit tout de son long, à plat sur le lit de repos, faisant glisser très bas les coussins, ses bras nus relevés et noués sous sa tête.

— Il fait bon se détendre, tu sais !…

Il ne répondit pas, les yeux attachés sur les lignes de ce corps audacieusement révélé par l’étoffe souple qui adhérait à la chair…

Sous ses cils presque entièrement abaissés, le regard de Cady vint chercher celui de Jacques…

Une indicible volupté s’épandait entre eux lentement, irrésistiblement, comme s’étend dans une atmosphère sournoisement calme un parfum très pénétrant.

Et ni l’un ni l’autre ne cherchaient à échapper à cette espèce d’ivresse qui revenait inopinément les visiter, dans laquelle ils oubliaient tout… le lieu où ils se trouvaient, le temps qui s’écoulait, le précaire de leur solitude…

Des minutes délicieuses, éperdues, les possédèrent…

Soudain, Jacques se leva, approcha de Cady ; et, détachant sa cigarette de ses lèvres, s’appuyant au dossier de la chaise longue, il se courba. D’une main assurée, familière, il ouvrit le kimono de Cady immobile, consentante, et posa ses lèvres entr’ouvertes sur le sein découvert…

Une sorte de râle les réveilla. Jacques se retourna machinalement. Cady s’était dressée avec vivacité.