Cady secoua la tête.

— C’est-à-dire que j’ai dû avoir la fièvre et perdre connaissance. Est-ce que j’ai eu du délire ?

— Oh ! jamais, s’empressa d’affirmer la vieille fille.

Cady se tut et regarda autour d’elle.

C’était une petite chambre, au fruste parquet non ciré, au plafond traversé de poutres apparentes, peintes en blanc, aux murailles revêtues d’un papier naïf et fané, représentant des bouquets de roses noués de rubans bleus. Une commode, une armoire, une table de noyer la meublaient, avec deux chaises de paille. Mlle Denise était assise dans un fauteuil Voltaire en merisier rouge, tendu d’un affreux reps vert bouteille. Par la fenêtre, aux vitrages de guipure relevés, on voyait un ciel sombre, où les nuages couraient avec vélocité, et la ligne noire et écumeuse d’une mer agitée.

Cady saisissait aussi des détails. On s’était efforcé de rendre chaude, habitable, cette installation sommaire, bonne pour les beaux jours et les baigneurs dispos.

Du feu de bois brûlait dans la cheminée pauvre, en plâtre écaillé et fendu. Une épaisse couverture relevée devant la croisée pouvait se rabattre sur les vitres et intercepter les terribles courants d’air pendant la nuit. Une autre tenture garnissait la porte. Enfin, l’on apercevait, replié, le lit de sangle sur lequel, infatigable, affectueuse et patiente, Mlle Denise s’étendait chaque soir.

Cady s’étonna.

— Comme le temps est noir et triste !… Comme il paraît faire froid dehors !… Pourtant, nous sommes encore en été…

Mlle Denise sourit, prononçant tranquillement :