La jeune femme riait, renversant un peu la tête ; l’ombre du chapeau portait sur le haut de son visage, faisant plus lumineux ses beaux yeux limpides.

— C’est cela, insultez-moi !… Et quelle injustice ! Moi qui trotte depuis ce matin à huit heures !… Il fait délicieux… Cela sent si bon le sapin et le « fruit de mer » !

Elle s’était assise sur un banc, et triait lettres et journaux répandus sur ses genoux, passant à mesure sa correspondance à Mlle Denise toujours accoudée à la fenêtre.

Toutes deux déchirèrent des enveloppes. Sans cesser de parcourir lettres et papiers, Cady bavardait, du même ton léger, enivrée d’air pur, de soleil, du parfum des arbustes odorants et des fleurs.

Soudain Mlle Denise poussa un cri étouffé, et, toute pâle, s’accrocha à la barre d’appui.

— Ah ! Cady, Cady !…

La jeune femme lui jeta un impayable coup d’œil malicieux.

— Hé là !… Ne prenez pas mal ! — comme disait mon ancienne institutrice. — Qu’est-ce qui vous émeut si fort ?… Je parie que c’est la même nouvelle que la mienne.

Denise se redressa, la regardant anxieusement.

— Quoi, vous savez ?