Joséphine sourit avec mystère.

— Oh ! il ne tiendra qu’à madame d’avoir une bien plus belle installation.

Cady lui jeta un coup d’œil ironique, mais sans mécontentement.

— Vraiment ?… Vous connaissez mieux mes ressources que moi !… J’ai pourtant idée que, ma dot reprise, mes revenus ne seront pas lourds.

La femme de chambre hocha la tête d’un air entendu, et se contenta de prononcer, tout en emportant la robe qu’elle brossait et les chiffons de papier :

— Cela plaît à dire à madame.

Mlle Denise paraissait à l’entrée de la villa. Elle était complètement prête, coiffée correctement, vêtue de noir, ainsi qu’à l’ordinaire. Une expression de gravité triste imprégnait sa physionomie.

On n’eût pu dire qu’elle était laide ; cependant, aucune séduction n’avait jamais dû émaner de ses grands traits, qui semblaient réguliers au premier examen, et dans lesquels, ensuite, on apercevait l’exagération infime de chacun des détails, qui suffisait à détruire l’harmonie de l’ensemble. Sa taille était trop élevée ; sa minceur était de la maigreur ; ses mains, assez belles, étaient déparées par des poignets défectueux. Son nez, trop aquilin de profil, était presque épaté de face. Ses yeux étaient grands, leur expression attachante, mais des cils pâles et rares, des sourcils grêles, plantés trop haut, leur enlevaient toute beauté.

Elle s’assit auprès de Cady et considéra celle-ci longuement, intensément. La jeune femme sourit, tira les épingles de son chapeau, enleva celui-ci et le déposa sur une table à côté d’elle.

— Là ! fit-elle avec une imperceptible raillerie. Comme cela, vous interrogerez plus commodément ma physionomie.