— Qu’importe ?…

Il se leva brusquement, et se mit à arpenter le jardin, en proie à un trouble extrême. Enfin, il revint à elle, et, sans l’approcher, d’une voix altérée, il prononça :

— Non, non ! il ne faut pas !… Je vous adore, Cady, mais il me faut vous respecter… si je veux qu’on vous respecte !…

Cady se leva nerveusement.

— Vous avez parfaitement raison, mon ami ! fit-elle narquoise.

Et elle courut à la fenêtre ouverte du salon, criant gaiement :

— Et ce thé, Denise ?

— Il vous attend ! répondit la vieille fille avec empressement.

Elle n’osait déranger leur tête-à-tête, et se maudissait d’avoir si vite versé l’eau dans la théière. Sans doute le thé serait trop fort !…

Cady bavardait, insoucieuse, joyeuse, évoquait les petites galettes, avalait mandarines et fruits confits avec appétit. Maurice Deber restait silencieux et soucieux, le cœur et les sens chavirés, évitant de regarder la jeune femme.