— Elle les écrasera !… Elle l’a promis, et elle y est intéressée comme nous.

Cady fit un geste de détachement.

— Oh ! parlez pour vous !… moi, je vous avoue que les jugements d’un clan dont je voudrais m’éloigner me sont indifférents…

Il se rapprocha, la voix plus douce, un rien passionnée.

— Moi aussi, Cady, je souhaite ardemment m’enfuir avec vous… Mais, je ne veux pas savoir que derrière nous on clabaude… cela m’inquiète, cela m’irrite… Tenez, que je vous dise… J’ai trouvé et j’ai loué, auprès de Gênes, une maison… une propriété, un site de rêve… C’est là, si vous le permettez, que je vous emmènerai dès le lendemain de notre union… C’est là que nous oublierons aussi longtemps que vous le voudrez bien le monde et les hommes… leur stupidité, leur méchanceté, leur bassesse… Vous serez la petite reine de cet empire de verdure, de fleurs, de rocs, de terrasses dominant la mer bleue… Ah ! nous y vivrons des jours rares, inouïs… des jours que j’ai imaginés tant de fois avec ivresse, avec désespoir, là-bas, dans la solitude et l’exil !…

Elle posa sa main sur celle de Deber.

— C’est une excellente idée… mais pourquoi n’irions-nous pas tout de suite dans votre paradis ?…

Il sursauta.

— Impossible !… Ne savez-vous pas que la loi ne permet pas le mariage immédiatement après le divorce ?

Elle dit bas, sans le regarder.