Elle s’arrêta, découragée soudain, sentant au silence hostile de son auditeur qu’il ne la comprenait pas.

Il dit avec une imperceptible nuance d’impatience :

— Je crains que vous n’envisagiez pas du tout la réalité de votre situation… de notre situation. Dans le monde, un divorce a toujours un côté scandaleux que chacun exploite si on ne l’impose pas hardiment… C’est ce que Mme Darquet est disposée à faire, et je lui en suis reconnaissant… Votre mère, approuvant ouvertement votre divorce, le légitime aux yeux du public, et ferme la bouche à toutes les insinuations malveillantes… Quant au contact que vous redoutez, laissez-moi vous dire que vous exagérez les choses… Vous savez si je suis l’ennemi de beaucoup de gens de votre entourage… Mais il faut reconnaître que parmi les familiers de votre mère il en est de parfaitement honorables… Vous pouvez rechercher ceux-là et écarter les autres… Du reste, nombre de ces gens, les pires, sont précisément en froid à l’heure actuelle avec Mme Darquet, et vous n’avez pas à craindre de les rencontrer dans l’intimité comme autrefois.

Cady demanda, les yeux sur lui :

— Vous tenez énormément à l’opinion du monde ?

Il hésita.

— Pas pour ce qui me concerne personnellement… mais, à l’égard de vous, oui… Il me serait extrêmement pénible que ma femme fût l’objet de racontars venimeux.

Elle s’écria avec amertume.

— Et vous supposez que ma mère les empêchera de naître, d’être colportés ?… Que vous êtes jeune !

Il affirma, subitement violent :