— Faut tout de même que monsieur ait un drôle de goût pour avoir choisi de pareilles têtes à massacre !…
Puis, elle ajouta audacieusement :
— Et tout cela parce que monsieur croyait que madame me faisait des confidences… Monsieur avait bien tort… Madame n’a jamais eu confiance en moi… je l’ai regretté bien souvent.
Cady feignait de ne la point entendre, se rejetant sur son lit, les yeux clos.
— Écoutez, Joséphine. Je vais faire encore un petit somme… Il va falloir vous débrouiller pour nous faire du thé ou du chocolat. Moi, ça me suffira pour dîner, et il faudra bien que monsieur s’en contente… Autrement il ira manger dehors.
Joséphine agita la tête d’un air vainqueur.
— Ça lui apprendra à mettre la maison sens dessus dessous.
Après un repas succinct que Renaudin consomma sans la moindre observation, comme Cady regagnait sa chambre, il l’arrêta, l’entraînant doucement dans son cabinet de travail.
— J’ai à te parler, fit-il, la voix changée, tremblante.
Elle le suivit docilement, et s’assit sur un petit canapé bas, essayant vainement de s’installer confortablement à l’aide de coussins invraisemblablement durs.