Il la regarda fixement.

— Jaloux comme on entend ce mot généralement, non… J’ai trop l’amour de mes propres fantaisies pour ne pas admettre la réciprocité en toi… D’ailleurs, cela ne veut pas dire que ce que j’accepte, ce soit avec plaisir… Car l’on est toujours un peu en contradiction non seulement avec ses principes, mais encore avec soi-même…

Elle l’interrompit :

— Enfin, tu l’acceptes, c’est l’essentiel… si tu étais mon mari, ce serait la même chose.

— Pas du tout.

— Oh ! que c’est bête ! ragea-t-elle.

— Mais non. Je prends mes aises avec l’opinion publique, cependant on ne peut pas absolument s’asseoir dessus si l’on veut vivre dans le monde. Un amant tolérant comme moi, on l’appelle un vicieux, et cette épithète n’a jamais déshonoré personne… Au contraire, un mari complaisant est traité de sale individu… C’est idiot, mais c’est comme cela… C’est donc une des raisons pour lesquelles je me garderais bien de t’épouser. Uni légalement avec toi, je ne pourrais plus rien te permettre, je t’en préviens loyalement… et, averti comme je suis, tu penses si tu serais bouclée !

— Eh bien, ça serait gai ! constata Cady, pensive et morose.

— Évidemment !… En échangeant Renaudin contre moi, tu y perdrais considérablement, — étant donné que j’y consentisse, ce qui n’est pas prouvé.

Elle l’interrompit, bourrue :