Pour le Titan point de clémence!
Il est précipité des cieux.
Le dragon périt sous la lance
De l'Archange victorieux.

Ayons plus de miséricorde;
Mais pas d'attendrissement vain!
Aux méchants le sage n'accorde
Qu'un entier et parfait dédain.

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LES HEURES

Toutes nous blessent, la dernière
Nous tue, ayant enfin pitié
Quand elle achève sans colère
L'œuvre faite plus d'à moitié.

Les autres, même la plus douce,
Hélas! nous usent lentement,
Et chacune d'elle nous pousse
Vers le funèbre monument.

Funèbre? non. Quelle caresse
Vaut le sommeil sans lendemain?
Vienne l'heure, pâle maîtresse
Qu'on espère jamais en vain!

Elle viendra, consolatrice,
Tarir la source des remords:
Nulle passion tentatrice
Ne trouble le repos des morts.

Ces heures, pleines d'espérance,
De terreur ou de volupté,
Ne sont pourtant qu'une apparence,
Un rêve sans réalité.

Le temps, l'espace: vain mirage,
Mots creux auxquels rien ne répond;
Bruit de la vague sur la plage,
Du caillou dans le puits profond!