Dédaignant tes Edens, méprisant tes supplices,
Laissant aux chérubins ta céleste Sion,
Bravant la mort, l'enfer, se plonge avec délices
Dans la Damnation.
Sicut Dii! non! non! le tentateur des âmes
N'a pas dit vrai: car l'Homme est plus grand que les Dieux,
Qui, n'ayant pas brûlé des diaboliques flammes,
Se contentent des Cieux!
L'Homme règne en vainqueur sur la Terre sublime.
Il vit: les Dieux sont morts ou se taisent, lassés:
Son front touche le ciel, son pied fouille l'abîme:
Lui seul, et c'est assez.
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SONNETS
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CHARLES GOUNOD
Son art a la douceur, le ton des vieux pastels.
Toujours il adora vos voluptés bénies,
Cloches saintes, concert des orgues, purs autels:
De son œil clair il voit les beautés infinies.
Sur la lyre d'ivoire, avec les Polymnies,
Il dit l'hymne païen, cher aux Dieux immortels.
«Faust» qui met dans sa main le sceptre des génies
Égale les Juans, les Raouls et les Tells.
De Shakspeare et de Goethe il dore l'auréole;
Sa voix a rehaussé l'éclat de leur parole:
Leur œuvre de sa flamme a gardé le reflet.