Ce mont fut un volcan: le temps l'a dévasté,
Il est éteint. Les jours sont passés, où la lave
Le long de ses beaux flancs ruisselait comme un gave.
Maintenant revêtu d'immortelle beauté,
Seul dans le ciel, géant de neige à l'aspect grave,
Il n'est plus que silence et qu'immobilité.
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POÉSIES DIVERSES
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ADIEU
À M. Louis Gallet.
Je pars. Le vaisseau superbe
Qui m'emportera demain
Comme un sanglier dans l'herbe
Dort, puissant, calme et hautain.
Trouverai-je la tempête?
Le cyclone, cet enfer?
Qu'importe! c'est une fête
De s'évader sur la mer.
Je vais dans une île verte
Que couronnent les volcans;
Cette île n'est pas déserte:
On y vit plus de cent ans.
Là sont des plantes énormes,
Des feuillages d'ornement.
Vous m'attendrez sous les ormes
En disant: quel garnement!
Les succès et les déboires
Des artistes du moment,
Les batailles oratoires
Des membres du Parlement,
L'Opéra, temple des gloires
Et des ennuis mêmement,
Je vous laisse ces histoires:
Jouissez-en largement!
Moi, j'aurai pour nourriture
De mon âme et de mon cœur
Le calme de la Nature,
L'oubli, père du bonheur!
Ce sont voluptés réelles;
Et je m'embarquerai sur
Les triomphantes nacelles,
Bercé par la mer d'azur
Où les poissons ont des ailes!
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