Cependant, j’étais reparti pour Paris à grandes guides, et j’y trouvai Lorenza fort inquiète de moi. Le prince Louis était venu et m’attendait.
— Je serai premier ministre avant un mois ! me dit-il, plus rayonnant encore que de coutume.
Il ne m’appartenait pas de lui insinuer le contraire ; je le laissai avec ma femme, et me retirai dans mon cabinet pour écrire au baron de Weisshaupt.
J’étais occupé à annoncer notre triomphe au chef des Aréopagistes, quand on m’annonça le père Loth, religieux minime que j’avais rencontré deux ou trois fois chez madame de Valois. C’était un gros moine, fort bon enfant, lourd, mais d’un esprit assez délié, qui avait obtenu de prêcher devant le roi, par la protection du grand aumônier de France. Je me souviens même, à cette occasion, que la comtesse l’avait désolé, en affirmant qu’il « prêchait comme une pantoufle ».
Le révérend père entra, s’assura par un coup d’œil que nous étions seuls, et me fit un signe maçonnique après lequel je lui tendis la main.
— On vous trompe, dit-il, et l’on trompe aussi le prince Louis.
Il ajouta :
— Prenez garde qu’une affaire de cette importance ne finisse par un étroit scandale, retombant sur vous, et qui ne vous serait d’aucun profit.
Il me fit un geste de discrétion et de fraternité, reprit l’allure pesante qu’il avait quittée en me parlant, et sortit.
Je courus retrouver Lorenza et le prince, qui parurent surpris de me voir revenir si vite.