Là-dessus le prince nous quitta, et je dis à ma femme :
Lorenza, sais-tu ce que je prévois ? c’est que notre petite comtesse va être bien embarrassée.
— Oh ! dit Lorenza, pourquoi ? Tu es bien étrange d’avoir une aussi bonne opinion des reines, toi qui connais si bien les femmes.
VII
D’un entretien que j’eus dans un carrosse avec le grand aumônier de France, et de la conclusion que j’en tirai.
Je sortais avec Lorenza de la loge d’Isis où nous venions d’initier trente-six nouvelles profanes. Ce qui m’avait le plus frappé, c’est la quantité singulière de belles personnes qu’il y a en France, et encore je n’avais pas pu en juger par leurs visages.
Sur plus de cent initiées, qui s’étaient associées à nos travaux, il aurait été impossible d’en citer quatre qui fussent mal faites. Peut-être les laides fuyaient-elles la Lumière.
En quittant le Temple, nous montâmes dans notre carrosse ; quelqu’un nous y avait devancés ; c’était le cardinal de Rohan. Autant que j’en pus juger à la clarté des lanternes, il était rayonnant en même temps que solennel, comme un homme qui vit en communauté avec quelque grand mystère. Il me baisa pieusement la main et salua Lorenza avec un embarras que je dissipai d’un mot.
— Elle ne nous entendra pas, fis-je, en posant le bout du doigt sur le front de ma femme.
— Eh bien, me dit le cardinal, pendant que le carrosse nous emportait, je vous ai obéi, et j’ai réussi.
— La personne… vous a écrit ?