— Où irons-nous ? demandai-je à la belle Italienne. Le monde a des préjugés contre moi. J’ai voulu planter notre tente à Turin, l’année dernière ; le roi m’a prié de quitter le Piémont sous huit jours.
— Je ne tiens pas au Piémont.
— Ni moi. Nous nous sommes réfugiés à Roveredo, sous la domination paternelle de l’Autriche ; l’empereur Joseph II s’en est offusqué et m’a fait dire que je l’incommodais.
— Eh bien, retournons en France.
— Breteuil de Launay et Chesnon y ont la main longue. J’ai dit trop de mal de la Bastille.
— Allons à Palerme.
— J’y ai laissé des amis désagréables.
— A Rome. Je voudrais savoir ce que sont devenues maman et la passementerie, et si Lorenzo n’est pas aux galères.
— Il est temps d’y songer en effet. Mais n’est-ce pas se jeter dans la gueule du loup catholique ?
— Nous ne manquons pas de religion, Joseph.