— Et moi j’ai écrit l’o, — peut-être avec un paraphe ; mais ce sont ornements d’écriture qui n’ont rien de criminel.
— Vous osez soutenir, cria l’officier, que vous êtes un homme ?
— Qu’on me donne une épée, et je le prouve ! répondit effrontément ma passion.
— Eh bien ! dit le barigel à l’officier, êtes-vous un sot, oui ou non ?
Roméo prit la parole :
— Bien des gens s’y sont trompés, Excellence, mais puisque mon innocence est reconnue, nous ferez-vous la grâce de manger un melon en notre compagnie ?
Dieu juste ! j’étouffais. Avoir été dupé, joué, bafoué à ce point ! Et pourtant, je demeurais, malgré l’évidence, dans une confusion d’esprit singulière ; je regardais cet adolescent qui jouait si bien les filles, et ne pouvais me persuader encore que je me fusse trompé.
Enfin je dis au jeune masque, avec une émotion où perçait une sourde colère :
— Ainsi, vous vous êtes moqué de moi ?
— Bah ! en carnaval ! répartit le jeune drôle.