Roméo applaudit à cette idée bien naturelle qui pouvait être pour lui une planche de salut. Il envoya chercher par un petit garçon la donzelle qui nous avait servis, et celle-ci arriva toute courante, fort curieuse de savoir ce qu’on lui voulait.
— Viens ici, Maria, dit Roméo, et réponds-moi comme il faut. Il y a deux carlins pour toi, si tu ne mens pas. Tu me connais, je suppose ?
— Oui, seigneur.
— Que s’est-il passé hier dans ton auberge ?
— Par la madone ! vous le savez aussi bien que moi.
— Dis-le tout de même.
— Eh bien, vous avez soupé, avec le petit Lorenzo et le seigneur comte. Vous avez bu des saladiers de Marsala au citron, et Dieu sait que vous en avez pris votre compte ! Après quoi, vous avez glissé de votre chaise pour vous endormir à terre.
— C’est tout ?
— Vous savez bien que non. Au bout d’une demi-heure, vous vous êtes éveillé, et vous êtes parti tout doucement.
— Moi ?