— Oui, nous dit Lorenzo qui s’était rapproché. N’avez-vous pas entendu parler de cette célèbre ballerine, condamnée par l’Inquisition ? C’est elle qu’on enterre.
Le plain-chant nous arriva, plus sombre et plus lugubre
Juste judex ultionis
Donum fac remissionis
Ante diem rationis !
— De profondis, dit son Éminence ; c’est l’enterrement d’une très étrange fille, qui s’est enfuie à Rome, après avoir étranglé à Palerme la révérende mère du couvent des Dames-Nobles. J’ai été l’un de ses juges. Elle est morte avant le bûcher, et comme elle s’était réconciliée, on lui a accordé les prières de l’Église. Mais avancez, belle Lorenza, et tenez la promesse de votre mari.
Fiorella ! Fiorella ! Une sueur froide coula sur mes tempes. Épouvanté, épouvantable sans doute, j’attirai sur mon cœur, j’enveloppai de mes bras Lorenza interdite, et je m’enfuis en emportant mon trésor, pendant que le terrible chant des psalmodistes mugissait derrière moi et me poursuivait comme une malédiction.
IX
D’une dame qui jouait au tressette et d’un quaker qui perdit à un autre jeu.
Dès que je fus plus heureux que les rois couronnés, c’est-à-dire dès que j’eus dormi dans les bras de ma Lorenza bien-aimée…