— C’est moi qu’il faut voir ! dit Jeanne.

— C’est votre sœur.

— Ma sœur ?… oui… je la vois… Qu’elle est belle ! Elle est éblouissante de lumières, de pierreries…

— Ai-je la couronne ? demanda Jeanne triomphante.

— La couronne a disparu. Mais une des mouches d’or est restée. Elle tourbillonne autour de Jeanne qui fuit devant elle ; elle la poursuit, elle l’attaque… au sein… Dieu ! cette fleur de lys !

— Elle est à moi ? dit Jeanne.

— Elle est rouge, sanglota Fillète, rouge comme du feu, et c’est Jeanne qu’elle brûle ! Seigneur ! Seigneur ! Prenez pitié du sang des Valois !

L’enfant tomba défaillante, en poussant ce cri désespéré ; la tension de ses nerfs était à son paroxysme. Je la relevai pour la confier à Lorenza, qui la prit sur ses genoux et l’éventa doucement.

Au bout de quelques minutes, la pauvrette se mit à pleurer. Je fis disparaître rapidement les objets qui avaient servi à notre évocation, et quand la Colombe, au sortir du bain d’air dont nous l’avions entourée, ouvrit lentement les yeux, elle avait l’air vague et doux d’un marmot qui s’éveille.

Jeanne de Valois était restée étrangère aux soins donnés à sa sœur.