— Qu’en savez-vous ? dit-elle.
— Pourquoi feignez-vous de vous méprendre au sens de mes paroles ? Vous êtes naturellement chaste, et ce n’est pas votre cœur qui vous entraînera ; nous savons tous les deux qu’il n’y a rien là, ajoutai-je en lui posant le doigt sur le sein gauche.
Elle ne put s’empêcher de rougir ; elle était encore fort jeune.
— Quand je dis que vous êtes trop femme, continuai-je, j’entends que vous êtes frivole, vaniteuse, que vous aimez les bijoux, les diamants, — les diamants surtout, — tout ce qui brille comme vos yeux éclatants et doux.
— Je me corrigerai. M’aiderez-vous ?
— Oui, si vous m’obéissez. Je sais qu’il n’y a rien dans votre bourse ; je mets à votre disposition deux cents louis ; je vous offre aussi une maison que j’ai à Paris, rue Saint-Charles. Mais vous n’en aurez pas l’emploi.
— Comment cela ?
— Vous verrez. Cependant, souvenez-vous d’une chose ; soyez toujours la fidèle alliée, non pas de Cagliostro, — je ne suis qu’un passant, — mais de ceux qui sont derrière moi et agissent par moi. Si vous entrez en lutte avec leur volonté, vous êtes perdue.
— Qui donc sont-ils ?
— Je ne puis vous le dire. Devinez le bras à la direction de la poussée ; mais étant leur instrument, ne les obligez pas à vous briser.