Tout cela parmi des rires, avec de petits cris, près des floraisons épanouies, sous des envolées d’oiseaux, dans la bonne lumière qui paraissait plus claire et plus dorée, là, autour de ce grand-père et de ce petit enfant.
Celui-ci, devenant sérieux, dit tout à coup :
— J’ai assez joué ; maintenant, une histoire.
C’était là que le vieux Blas attendait le petit Blas ! L’enfant ne manquait jamais de l’embrasser après quelque beau récit plein de géants et de fées : le plaisir d’un bon baiser vaut bien la peine de dire un conte.
Mais depuis longtemps, toutes les histoires, le grand-père les avait dites : le Petit Poucet après la Barbe-Bleue, et la Belle aux cheveux d’or aussi. Même il avait acheté d’un colporteur un gros livre où le marchand affirmait qu’il y avait beaucoup de contes tous très jolis. Il se trouva que le livre était un « Essai sur l’établissement des comptoirs français au Mississipi ». Le petit Blas avait réclamé quelque chose de plus amusant.
Alors, sa mémoire étant vidée et sa bibliothèque inutile, le grand-père, pour être bien embrassé, fut obligé de devenir poète. La nuit, il ne dormait pas, afin d’imaginer des aventures de princesses et de fées, qu’il racontait le lendemain près de la maisonnette en bois.
— Oui, dit-il, une histoire, une histoire si belle que les petits bourgeois des villes n’en ont jamais entendu de pareille.
— Comment s’appelle-t-elle ?
— C’est l’« Histoire du petit garçon qui n’avait pas d’oreilles et d’un chien noir qui fumait sa pipe ».
— Oh ! dit l’enfant.