— Être louangée et obéie, ce sera charmant, dit-elle. N’aurai-je pas d’autres plaisirs ?
— Des caméristes adroites comme les fées vos marraines vous vêtiront de robes couleur de lune et de soleil, vous poudreront les cheveux, vous mettront des mouches au bord de l’œil ou au coin de la bouche ; vous aurez un grand manteau de drap d’or, traînant derrière vous.
— A la bonne heure ! dit-elle. Je fus toujours un peu coquette.
— Des pages jolis comme des oiseaux vous offriront dans des drageoirs les épices les plus fines, verseront dans votre coupe les vins sucrés dont le parfum est si doux.
— Voilà qui est fort bien ! dit-elle. Je fus toujours un peu gourmande. Seront-ce là toutes mes joies ?
— Un autre délice, le plus grand de tous, vous attend.
— Eh ! lequel ?
— Vous serez aimée !
— Par qui ?
— Par moi ! Si vous ne me jugez pas indigne de prétendre à votre tendresse…