Sur chacun de ces contreforts s’élèvent trois petites tourelles élégantes qui, s’étageant l’une sur l’autre, allègent l’aspect de cette masse.

Les contreforts sont masqués par quatre lanternes de grandes dimensions.

La grande coupole et les quatre demi-coupoles portent à leur base des rangées de fenêtres en ogives surbaissées pareilles à celles qui s’ouvrent sur les quatre faces de la mosquée.

L’aspect général de l’intérieur est des plus imposants. Les murs sont par endroits ornés de faïences.

La couleur bleue domine dans l’ensemble des tonalités. La tribune impériale, en face de laquelle se trouve la tribune des muezzines, est supportée par des colonnes en porphyre. La décoration des appartements privés, situés derrière cette tribune, constitue un véritable musée de l’art décoratif ottoman. Les faïences des cheminées et des murs sont ornées de dessins magnifiques, les vitraux des fenêtres sont superbes et les portes sont des merveilles de sculpture sur bois.

La niche qui forme le Mihrab est ornée de magnifiques stalactites recouvertes d’or. Le Mimber est fait de morceaux de marbre, artistement sculptés, où s’entrelacent ingénieusement des rosaces géométriques. Le monument a coûté environ huit millions de francs.

La mosquée possède comme dépendances une école primaire, une bibliothèque fondée par Ahmed III, un sébil (fontaine où l’on distribue l’eau aux passants), un grand turbé où sont enterrés le sultan Mehmed IV, fils de la seconde fondatrice, le sultan Moustafa II (1703) et son fils Ahmed III (1739), Mahmoud Ier (1754), Osman III (1757) et un grand nombre de princes et princesses, parmi lesquels les dix-huit enfants fils du sultan Ahmed III. L’aspect extérieur du turbé est très original. A l’intérieur, parmi d’autres petits cercueils, on remarque celui de la sultane Validé.

MOSQUÉE DU SULTAN MEHMED LE CONQUÉRANT (FATIH)

Cette mosquée fut élevée d’abord en 1471 par ordre du sultan Mehmed le Conquérant. Elle est située un peu plus loin vers le nord que l’emplacement où s’élevait jadis la fameuse église des Saints-Apôtres. La construction de la mosquée fut commencée en l’an 867 de l’Hégire et terminée en 875, c’est-à-dire huit ans après, ainsi que l’indique une inscription sur la porte. Un tremblement de terre survenu en l’an 1179, le troisième jour du Kourban Baïram (fêtes des sacrifices), une heure après le lever du soleil, l’avait horriblement endommagée. La coupole, totalement démolie, a été reconstruite à nouveau en 1181-1185.

Nous manquons malheureusement de détails sur la forme première de cette construction, qui a marqué le début d’une nouvelle période architecturale. Dans la description que nous en donne Hadi katul Djevami, nous ne rencontrons que le passage suivant: «les deux grands pieds d’éléphants et les deux colonnes en porphyre, ayant été démolis et renversés, la coupole fut élevée sur quatre piliers: ces colonnes furent enterrées[80]