Il invita ensuite les Ottomans à venir habiter et peupler la ville. Les différents quartiers furent attribués suivant les divers départements dont les nouveaux habitants étaient originaires.

Comme emblème officiel de l’État, le Sultan adopta le croissant, insigne de l’antique Byzance, auquel il ajouta une étoile.

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CHAPITRE II
TOPOGRAPHIE DE LA VILLE ANCIENNE

I.—LES RÉGIONS

Constantinople ne comprenait d’abord que cinq collines. Mais, vu l’extrême rapidité avec laquelle la population augmenta, Théodose II jugea nécessaire d’entourer d’une seconde ceinture de murailles les quartiers qui se trouvaient en dehors de la première enceinte, construite par Constantin le Grand. Tous ces quartiers qui occupaient l’espace compris entre les murs constantiniens et les murs théodosiens furent appelés d’abord χώρα (la campagne) et aussi ἐξωκιόνιον.

Voici quelle était l’origine de ce nom. Les gardes goths, ariens comme leur empereur Constance, avaient voulu par la suite rester fidèles à l’arianisme. Théodose Ier, protecteur de l’orthodoxie, ne leur permit d’habiter qu’en dehors des murs. Comme à l’intérieur des murs constantiniens se dressait une colonne (Kion) de Constantin, les Goths furent appelés Exokionites, «ceux qui habitent en dehors de la colonne», et leur camp, Exokionion. Cette partie de la ville, assignée aux sept corps gothiques, fut divisée en sept quartiers appelés (d’après M. Dethier) Deuteron, Triton, Pempton, Hebdomon, etc.[22] Plus tard, quand l’émigration des peuples des Balkans, fuyant devant Attila, vint augmenter la population de ces quartiers extérieurs. Le préfet Anthémius, sous le règne de Théodose II, entoura cette partie de la cité d’une nouvelle muraille. Après la construction des murs théodosiens, la ville comprit sept collines; semblable à Rome, elle fut divisée, dans sa partie ancienne construite par Constantin, en quatorze régions, quartiers ou arrondissements. Chaque région était gouvernée par un curator ou régionarchis, ayant sous ses ordres un diangeleas (officier d’ordre), cinq deutereuontai ou topoteretai (gardiens de nuit).

[22] Cf. Dr Mordtmann, Esquisse topographique de Constantinople.—Dethier, Le Bosphore et Constantinople.

Région I.—La première région commençait à la porte de Sainte-Barbe et, passant au sud-est de l’Hippodrome, s’étendait jusqu’à Saint-Serge et Bacchus. Le rocher de l’Acropole, qui portait jadis un temple dédié à Jupiter, l’Augustéon et l’Hippodrome la séparaient de la deuxième et de la troisième région. Elle contenait 29 rues, 118 maisons, 2 emboloi (rues à portiques), 4 bains publics, 2 bathra (endroits où l’on distribuait du pain au peuple).