L’impératrice Zoé, fille de Constantin VIII, fut aussi reléguée à Prinkipo par ordre de Michel le Calfat, et la mère d’Alexis Comnène et ses enfants y furent emprisonnés par ordre de Michel Ducas.
Cette île compte encore plusieurs autres monastères, dont les principaux sont reconstruits, tels que celui de Christos et de Saint-Nicolas et celui de Saint-Georges.
Les autres petites îles, quoique non habitées, ont été aussi le théâtre d’événements historiques: Constantin, fils de l’empereur Romain Lécapène, fut exilé en 945 par son père à Terebinthos, située en face du couvent de Saint-Nicolas. Le patriarche Théodose y fut relégué par ordre d’Andronic Comnène en 1183.
Oxya (la pointue), située derrière les îles de Proti et d’Antigoni, vit l’exil de Gébon qui prétendait être fils de l’impératrice Théodora, ainsi que celui de Niképhoritzès, le cruel eunuque, à qui l’on avait auparavant crevé les yeux. On y remarquait un petit oratoire, devenu célèbre et qui avait été bâti par le patriarche Anastase.
Plati (la plate) voisine d’Oxya, fut un lieu de supplices. On y voit encore les ruines d’une ancienne église, élevée en 860 par le patriarche Ignace Rangabé, ainsi que celles des horribles prisons souterraines, véritables tombeaux vivants, dont l’origine remonte à l’époque hellénique, et les vestiges d’un château construit en ces temps derniers par un anglais, sir Henry Bulwer. Par ordre de l’empereur Constantin VIII, le patrice Basile Bardas fut emprisonné dans les oubliettes de Plati.
Les îles des Princes durent à leur voisinage de la capitale d’être souvent pillées par l’ennemi et ravagées par les pirates. Pendant la conquête latine, Dandolo avait recommandé le pillage des îles des Princes comme moyen d’approvisionnement.
«Plusieurs fois encore, dit M. Schlumberger, sous le terrible Andronic Comnène, puis sous Andronic Paléologue le vieux, des aventuriers latins vinrent occuper les îles, après y avoir brûlé couvents et maisons d’habitations. Les corsaires vénitiens de Candie, en arrivant à Prinkipo, brûlèrent toutes les constructions et s’emparèrent de tous les habitants, moines et laïques. Puis, ayant empilé sur leurs navires les plus considérables de leurs captifs, ils allèrent jeter l’ancre en vue de Constantinople. Là, ces infortunés, dépouillés de leurs vêtements, furent pendus par les pieds aux vergues des mâts et déchirés à grands coups de fouet: il fallut que le vieil Andronic vidât son trésor presque épuisé déjà, pour payer à ces forbans les quatre mille pièces d’or de rançon qu’ils réclamaient.»
IV.—LES MURS ET LES TOURS
Constantin avait entouré Constantinople d’une enceinte qui enfermait seulement les cinq collines de la ville. Ces murs commençaient à proximité de Psamatia et arrivaient à l’ancienne porte Dorée, près de la mosquée Essé-Kapoussou, dont le nom fut plus tard donné à la porte Dorée de la ville. Ils passaient près du monastère de Dius, traversaient la vallée du Lycus et, après avoir gravi la colline qui partait de l’église des Saints-Apôtres, descendaient à la porte de Platea Mesa (Oun Kapani).
Aujourd’hui, on ne rencontre que quelques fondations en ruines de cette muraille. La construction et la garde de ces murs avaient été confiés à 40.000 Goths.