Le narthex (galerie voûtée), avait 60 mètres de longueur sur 10 de large. Les parois en étaient ornées, comme l’intérieur de la nef, de marbres multicolores couverts de taches symétriquement disposées. Cela donnait l’idée qu’ils étaient extraits d’un même bloc et formait un dessin décoratif d’une réelle beauté[35]. Deux portes latérales s’ouvraient sur un porche aboutissant à l’escalier de la galerie et neuf portes en airain s’ouvraient du narthex sur l’église. L’encadrement des trois portes du milieu, qui communiquent encore maintenant avec la nef, est en bronze tandis que les autres sont en marbre.
[35] M. Antoniatis, dans l’intéressant ouvrage qu’il vient de publier sur Sainte-Sophie, nous montre qu’on pouvait, aidé d’un peu de mysticisme, y découvrir des figures et des images de saints.
Dans l’épaisseur des contreforts massifs, sont ménagées des pentes inclinées par lesquelles les femmes nobles montaient dans des chaises à porteurs jusqu’au gynécée. Là, chacune avait sa place fixe (à en juger par les inscriptions où on lit: «place d’une telle»).
L’exo-narthex de l’église était précédé d’un atrium à portiques, formé par des voûtes en berceau, supporté par des colonnes en marbre alternant de deux en deux avec des piliers carrés. Les murs en briques de cet atrium étaient percés de plusieurs entrées s’ouvrant sur la place de l’Augustéon.
Au milieu de ce parvis existait un bassin de jaspe avec des lions lançant de l’eau. Ce bassin servait aux ablutions qu’on avait coutume de faire avant d’entrer dans les lieux sacrés; les musulmans ont de nos jours conservé la même coutume. Un vaisseau de marbre placé dans l’église, était affecté au même usage. Il portait l’inscription suivante: «νίψον ἀνομήματα μὴ μόναν ὄψιν», qui pouvait être lue de la même façon du commencement à la fin et de la fin au commencement et qui signifiait: «lavez-vous de vos péchés et non pas seulement de la figure».
Cette immense église s’est conservée jusqu’à nos jours, mais elle a eu beaucoup à souffrir de la précipitation avec laquelle elle fut construite. Elle a subi une destruction partielle pendant le tremblement de terre qui eut lieu vingt ans après son érection par Justinien. Toute une partie du dôme se détacha et fut précipitée sur la table sacrée du ciborium et sur l’ambon qu’elle détruisit. Les musulmans virent dans ce tremblement de terre un véritable prodige, car il se produisit à la date anniversaire de la naissance du prophète Mahomet.
Justinien fit réédifier la coupole par Isidore le Jeune qui renforça les aboutissements, les arcs et les contreforts, et rehaussa la nouvelle coupole de 25 pieds.
Cette fois, les échafaudages furent laissés en place pendant une année entière. La deuxième consécration de l’église eut lieu en 558.
Plus tard, au IXe siècle, Basile le Macédonien fit réparer une des grandes archivoltes de la coupole qui avait été endommagée, et, en même temps, y fit placer des mosaïques.
En 987, cette même arcade fut de nouveau réparée par Basile II le Bulgaroctone. Jusqu’au XIVe siècle, on se soucia peu de remédier aux dégâts causés par le temps ou par des accidents divers. L’un des derniers restaurateurs fut Andronic II Paléologue l’Aîné, qui, vers le XIVe siècle, fit élever des contreforts du côté est.