Toutes les pièces étaient disposées de façon que l’Empereur, sans sortir de chez lui, pût assister aux offices, aux réceptions des grands personnages dans les salles d’apparat, et même aux jeux de l’hippodrome, dans le Kathisma, qui se trouvait en communication avec le palais. La salle d’audience, le trône, le triclinium, toutes ces pièces étaient décorées de sujets profanes ou de scènes religieuses et légendaires. Comme dans toutes les cérémonies officielles, on attachait une grande importance à la richesse et aux attributs de l’ornementation, chaque pièce avait reçu une décoration spéciale répondant à sa destination particulière. Au lieu d’avoir, comme les palais modernes, une façade monumentale, le palais impérial était composé d’une multitude de petits bâtiments portant les noms suivants: triclinium (salle à trois lits ou salle à manger, pouvant aussi comprendre plusieurs pièces); Coubouclion (cubiculum) corps de logis formant un appartement de grande importance; Coiton (chambre à coucher appelée aussi Métatorion); Diabatica (galerie servant de communication entre les différentes parties du palais); Phiale (emplacement à ciel ouvert, dallé de marbre et ayant souvent en son milieu un bassin ou une fontaine); Péripatos (galeries ouvertes), etc...
Le palais se divisait en trois parties principales: la Chalcé, Daphné et le palais sacré.
La Chalcé comprenait toute une série de pièces. On accédait au palais du côté de l’Augustéon par la porte en fer qui ouvrait sur un des vestibules de la Chalcé. Ce vestibule, couvert de tuiles en bronze doré, se composait d’une cour en forme d’hémicycle surmontée d’une voûte en cul-de-four faisant face à l’entrée d’un bâtiment carré à coupole tout orné de mosaïques.
On comptait dans la Chalcé trois salles des gardes, les noumera, les courtines, les tricliniums des scolaires, des excubiteurs, des candidats, en enfilade. Venaient ensuite une salle de justice, (tribunal de Lychnos), une salle de réception, une salle à manger d’apparat, le grand consistorium et plusieurs édifices religieux (l’oratoire du Sauveur et la chapelle des Saints-Apôtres). Le grand consistoire était convoqué dans la salle de réception. Trois portes en ivoire y donnaient accès. Au fond de la salle, un des trônes de l’Empereur était dressé sur une estrade.
Entre la Chalcé et Daphné se trouvait le triclinium (salle à manger à dix-neufs lits), où se donnaient les banquets officiels. Cette salle était précédée d’une cour ou atrium, puis d’un portique formant porche. Elle était divisée en deux; une partie était réservée aux invités, et l’autre à l’Empereur. Toutes deux étaient éclairées par le haut. La première pouvait contenir trois cents convives. Aux grands jours de fête, par exemple à Noël, on y mangeait, couché à la mode antique. D’après le récit de Luitprand, évêque de Crémone, qui assista en 943 à un des festins donné dans ce palais, on y mangeait, à demi couché, le service étant fait uniquement dans de la vaisselle d’or; les fruits étaient servis dans de grands vases en or qui, à cause de leur poids, étaient transportés sur des chariots couverts de pourpre. On les enlevait au moyen d’une poulie établie au plafond, sur laquelle roulaient trois cordes enveloppées de peau dorée. Les bouts des cordes étaient munis d’anneaux en or engagés dans les anses des vases; plusieurs serviteurs placés en bas étaient chargés de faire fonctionner ces appareils pour le service de la table.
La partie du palais appelée Daphné commençait par une grande galerie couverte, précédée d’un porche à arcades qui conduisait à une salle octogone. Cette partie du palais comprenait plusieurs édifices religieux et des salles pour les réunions officielles. Une galerie courant sur les étages supérieurs menait à un petit palais occupant la place d’honneur de l’hippodrome. Cet édifice contenait plusieurs pièces et l’Empereur y revêtait son costume officiel avant d’entrer dans sa loge pour assister aux jeux. Les fonctionnaires qui se rendaient au palais laissaient leurs chaises à porteurs et leurs chevaux dans un manège spécialement disposé à cet effet dans les dépendances.
Le palais sacré comprenait le palais impérial proprement dit, contenant dans son enceinte le péristyle du Sigma, le Triconque, et différents appartements privés de l’Empereur.
A l’entrée du palais sacré, se trouvait un vaste atrium ou Sigma qui avait la forme de la lettre grecque appelée Sigma. C’est là que les courtisans et les hauts fonctionnaires attendaient l’Empereur. Au centre de cet atrium, était placé un bassin aux bords d’argent, au milieu duquel se trouvait un vase d’or en forme de coquille. Ce vase était rempli des fruits les plus rares où puisaient les invités.
Après l’atrium, on entrait dans un péristyle formé de quinze colonnes en marbre de Phrygie. Au centre, s’élevait un dôme soutenu par quatre colonnes en marbre vert dominant le trône où l’Empereur s’asseyait pendant les fêtes.
On y trouvait aussi un palais à deux étages, construit par Théophile au IXe siècle sur le modèle du palais du khalife de Bagdad.