«7° Les hémorroïdes;
«8° Et généralement les autres maladies.
A cette énumération faisait suite une attestation signée d'un nom bien connu des savants. Nous citerons seulement le passage suivant:
«Les propriétés de la source Prégamain se déduisent d'un effet incontestablement apéritif, diurétique et principalement purgatif, ce qui l'approprie aux cas nombreux de maladies aiguës ou chroniques justiciables de cette modification importante.
«On en peut obtenir de bons effets dans les cas de pléthore abdominale, qui provoque ou entretient les irritations de cette cavité sous forme du dyspepsie, de constipation, de flatuosités, de douleurs lombaires, de jaunisse apéritique avec engorgement du foie ou de la rate, et principalement dans les cas de fièvre intermittente, n'importe le type, lorsque le malade, tombé de rechute en rechute, n'éprouve plus de bons résultats de la quinine.
«Ainsi encore dans les maladies des voies urinaires, catarrhe vésical, irritation des reins, dans certaines formes de maladies cutanées, avec irritabilité de la part du sujet en raison de l'âge, du tempérament, d'un traitement intempestif par trop stimulant; encore dans les palpitations de coeur, paralysies, douleurs rhumatismales, sciatiques, lombagos et engorgements articulaires pour cause traumatique, etc., etc.»
Gédéon n'avait reculé devant aucune dépense. Tandis qu'en France les murs se couvraient d'affiches et les journaux regorgeaient d'annonces où le nom «Prégamain» s'étalait en lettres énormes, partout, en Espagne, en Italie, en Russie, en Autriche, la fameuse source faisait parler d'elle.
La Nordeutsch Allgemein Zeitung vantait les mérites «das natürliche Prégamain Bitterwasser», et on pouvait lire dans Il Secolo de Rome que «l'acqua minerale salina amara della fonte Prégamain si usa con successo spéciale per combattere tutti gli malattia».
Ce fut un triomphe sans précédent. L'Académie de médecine et l'Académie des sciences proclamèrent l'efficacité de la source Prégamain de Lathuile. Le médecins émerveillés et séduits abandonnèrent les remèdes routiniers au profit de l'eau miraculeuse. La vogue parut éteinte pour les eaux purgatives auxquelles on pouvait attribuer une réputation solide. Ceux qui prescrivaient d'ordinaire l'eau Royale-Hongroise, l'eau de Püllna, les flacons d'Hunyadi Janos et la vieille limonade Roger, se tournèrent exclusivement vers l'établissement de Lathuile.
Superbe affaire! Dès le début de la saison, il fallut songer à agrandir les locaux. Une usine fut élevée où, dans d'immenses ateliers, trois mille ouvriers furent occupés nuit et jour à rincer, remplir, boucher, capsuler et étiqueter les bouteilles qui, par wagons entiers, étaient expédiées aux quatre coins du monde. D'illustres personnages, ducs, princes, maréchaux, ambassadeurs, évêques, apportèrent à l'exploitation le prestige de leur clientèle. On vit autour du parc se multiplier les hôtels et s'établir la foule des débitants attirés par la foule des consommateurs.