Hez, sir asne, hez.

Dum trahit vehicula,
Multâ cum sarcinulâ,
Illius mandibula
Dura terit pabula.

Hez, sir asne, hez.

Cum aristis hordeum
Comedit et carduum;
Triticum a paleâ
Segregat in areâ.

Hez, sir asne, hez.

Amen dicas, asine,
Jam satur ex gramine.
Amen, amen itera;
Aspernare vetera.

Hez, sir asne, hez.

Une telle litanie, si excessive et si pompeuse en l'honneur de l'âne, offre quelque chose de burlesque, et le refrain: Hez! sir asne, hez! répété entre chaque couplet par des milliers d'assistants, indique suffisamment que le peuple poussait l'âne à faire retentir les voûtes sacrées de ses braiments.

Il s'est pourtant trouvé un archéologue, M. Clément, qui a vu dans cet âne le symbole de Jésus-Christ. Un âne a-t-il droit à tant de pompeuses images? Peut-il être appelé beau et plein de courage (pulcher et fortissimus), la meilleure bête de somme (sarcinis aptissimus), dont les bonds surpassent ceux des chevreaux (saltu vincit capreolos)[24]?

[24] F. Clément, l'Ane au moyen âge. (Annales archéologiques de Didron, vol. XV et XVI.)