«Votre vie à Paris est moins insipide que la mienne à Naples, où rien ne m'attache, excepté deux chats que j'ai auprès de moi, dont l'un s'étant égaré hier par la faute de mes gens, je suis entré en fureur; j'ai congédié tout mon monde. Heureusement il a été trouvé ce matin, sans quoi je me serais pendu de désespoir.»

Voilà assez de témoignages à décharge pour détruire le réquisitoire de Buffon.


[VIII.]

DU RÔLE DU CHAT DANS L'ARCHITECTURE.

Le moyen âge, qui appela tant d'animaux fantastiques à décorer les façades des monuments religieux & civils, ne s'est pas extrêmement préoccupé du chat; cependant on avait amené déjà en France les premiers chats d'Angora, car l'auteur du roman de la Rose parle de ces animaux & compare le chat, pour la fourrure & la vigueur, à un chanoine prébendé. Sans doute les sculpteurs ne se rendirent pas compte, comme les Égyptiens, de la pureté des lignes de l'animal; il est singulier, en tout cas, que le masque du chat ne leur ait pas fourni quelque motif grimaçant dans la collection des diableries qui courent du haut en bas des églises du XIIe siècle.

Mme Félicie d'Aizac, qui a écrit un travail sur la zoologie relative à l'architecture (Revue de l'Architecture, t. VII, 1847-1848), fait entrer le chat dans le symbolisme; mais il est impossible de tirer un seul fait précis de ce tourbillon de visées archéologiques.

Le chat se montre un peu moins rare dans les monuments de la Renaissance. Au musée de la ville de Troyes, on voit un chapiteau du XVe siècle qui représente un chat. J'en aurais donné volontiers un croquis si l'animal était d'une exécution plus supportable.

M. Fichot, peintre-archéologue qui a dessiné nombre de monuments curieux, me communique le dessin d'un linteau de porte d'une maison de Ricey-Haute-Rive. Au milieu de ce bas-relief se tient un chat, en compagnie de poules, d'un renard, d'une sorte de rat; mais cette sculpture est véritablement trop primitive & l'animal ne conserve pas assez l'accent de sa race pour être reproduit ici.

Le chat, regardé sans doute comme manquant de noblesse, fut abandonné aux sculpteurs d'enseignes qui s'en amusèrent: le Chat qui pelote, le Chat qui pêche, & souvent en firent un sujet de calembour comme dans l'enseigne suivante: les Chats scieurs (pour chassieux), ou dans cette autre: A la botte pleine de malices, qui se voyait à la porte d'un cordonnier facétieux. De l'ouverture de la botte sortaient une tête de singe, une tête de chat & une tête de femme.