& un autre vers d'un ancien:
Felibus atque ursis flebilis occidit.
[XIII.]
LE PEINTRE JAPONAIS FO-KOU-SAY
(Prononcez Hok'sai).
La plupart des vignettes japonaises reproduites dans ce volume sont tirées des cahiers de croquis d'un artiste merveilleux, qui mourut, il y a environ cinquante ans, au Japon, laissant une grande quantité d'albums, dont la principale série, composée de quatorze cahiers, a excité, lors de son introduction à Paris, une noble émulation parmi les artistes.
Ce peintre, appelé Fo-Kou-Say, & qui est plus populaire sous le nom d'Hok'sai, on ne saurait mieux en faire comprendre le mérite qu'en l'assimilant à Goya. Il en a le caprice, la fantaisie; même sa manière de graver offre parfois une analogie très-marquée avec celle de l'auteur des Caprices. Hok'sai a plus fait pour nous rendre facile la connaissance du Japon que les voyageurs & que les professeurs de japonais qui ne savent pas le japonais. Grâce à l'art répandu à profusion dans ces cahiers, on a pu se rendre compte de la civilisation japonaise & de l'intelligence d'un peuple qui, loin de s'endormir dans la tradition du passé, comme les Chinois, marche résolûment à la conquête des découvertes industrielles européennes.
Ce n'est pas le moment de rendre sensibles ces généralités; mais telle est la puissance de l'art, qu'un simple cahier de croquis ouvre des horizons qu'il est difficile de ne pas signaler.
Hok'sai fut un artiste profondément original. Et quoique certains de ses dessins détachés puissent offrir de la parenté avec des croquis de Goya, on peut affirmer que l'artiste japonais ne connaissait rien des richesses artistiques de l'Espagne, l'œuvre de l'auteur des Caprices & des Tauromachies étant, il y a cinquante ans, absolument inconnu, même en France.