[31] Ruben, Hilarotragedia Sattiro pastorale, in-4º. Parme, 1614.

Ces onomatopées, Dupont de Nemours les traduisait ainsi, faisant parler «le rossignol pendant la couvaison.»

Dors, dors, dors, dors, dors, dors, ma douce amie,
Amie, amie,
Si belle & si chérie:
Dors en aimant,
Dors en couvant,
Ma belle amie,
Nos jolis enfants, &c.

Un faiseur de romances n'eût pas mieux trouvé; on railla la découverte avec raison.

A la suite de cette déconvenue, Dupont de Nemours se retira à la campagne & passa deux hivers dans les champs à recueillir des matériaux pour le Dictionnaire des Corbeaux. Ainsi il nota les mots;

Cra, cré, cro, crou, crouou.
Grass, gress, gross, grouss, grououss.
Craé, crèa, croa, croua, grouass.
Crao, crèè, croè, crouè, grouess.
Craou, crèo, croo, crouo, grouoss.

Suivant le philosophe, ces vingt-cinq mots expriment: ici, , droite, gauche, en avant, halte, pâture, garde à vous, homme armé, froid, chaud, partir «& une douzaine d'autres avis que les corbeaux ont à se donner selon leurs besoins.»

Chateaubriand, qui avait un vif amour pour les corbeaux, prêta quelque attention sans doute au nouveau dictionnaire dont l'idéologue essayait d'enrichir les sciences naturelles.

Lui aussi, l'homme de génie, se fût intéressé à la langue chat que tenta plus d'une fois de noter Dupont de Nemours, qui accordait plus d'intelligence au chat qu'au chien.

«Les griffes, & le pouvoir qu'elles donnent au chat de monter sur les arbres, disait le naturaliste, sont pour lui une source d'expériences, d'idées, dont le chien est privé.»