Thelin viderat in toga spadonem,
Damnatam Numa dixit esse mœcham;

Il dit encore,[188]

Dos etiam dicta est. Nondum tibi Roma videtur
Hoc satis? Expectas numquid & ut pariat?

Toute la différence qu'il y a, c'est que Martial parle de deux hommes qui se faisoient passer pour femmes, & que je parle d'hommes qui sont véritablement comme des femmes, & auxquels ce qui est dit dans la Loi, cùm vir nubit. cod. ad legem Juliam de Adulterio, convient à peu près. Ce sont les Empereurs Constantius & Constance qui y parlent, cùm vir, disent-ils, nubit ut fæminæ viris, paritura quid cupiatur, ubi sexus perdidit locum, ubi scelus est id, quod non proficit scire, ubi Venus mutatur in alteram formam, ubi amor quæritur nec videtur. Cet assemblage ne produit point l'effet que la femme en avoit espéré;[189] sic virgò intacta manet, inculta senescit; selon l'expression de Catulle & d'Ovide.[190] Ce n'est point là l'intention de cette femme, ni le but du mariage,

Fœmina fortunæ similis formosa videtur,
Non amat ignavos illa nec ista Viros.

ou plûtôt comme s'exprime le même Poëte qui dit plusieurs véritez en raillant d'une maniére très agréable & très enjouée,

Sæpè quiescit ager, non semper arandus, at uxor[191]
Est ager, assiduo vult tamen illa coli.[192]

Si cette idée paroît outrée, il y en a une autre qui n'est pas plus avantageuse aux Eunuques, & dont les conséquences ne sont pas plus favorables à eux & à leurs femmes.

Ce ne sont que des demi-hommes;[193] Juvenal appelle un Eunuque semivir. Mais c'est trop dire en leur faveur; ce ne sont que des arbres stériles, des troncs desséchez, comme s'exprime Esaïe.

Truncus iners jacui, species & inutile signum,[194]
Nec satis exactum est corpus an umbra forem.