«D'autres au règne végétal; ils ont de la sève. «D'autres enfin appartiennent au règne animal ou animé, et ils ont de la vie.

«Les plus beaux sont ceux qui ont de l'âme; ils appartiennent aux trois règnes, mais à la Muse encore plus.»

C'est le sentiment de cette Muse qui lui inspirait ces jugements d'une concision ornée, laquelle fait, selon lui, la beauté unique du style:

«Racine:—son élégance est parfaite; mais elle n'est pas suprême comme celle de Virgile.»

«Notre véritable Homère, l'Homère des Français, qui le croirait? c'est La Fontaine.»

«Le talent de J.-B. Rousseau remplit l'intervalle qui se trouve entre La Motte et le vrai poëte.» Quelle place immense, et d'autant plus petite! ironie charmante!

Et la poésie, la beauté sous toutes les formes, il la sentait:

«Naturellement, l'âme se chante à elle-même tout ce qui est beau ou tout ce qui semble tel.

«Elle ne se le chante pas toujours avec des vers ou des paroles mesurées, mais avec des expressions et des images où il y a un certain sens, un certain sentiment, une certaine forme et une certaine couleur qui ont une certaine harmonie l'une avec l'autre et chacune en soi.»

Par l'attitude de sa pensée, il me fait l'effet d'une colonne antique, solitaire, jetée dans le moderne, et qui n'a jamais eu son temple.