Son nom charmait encor l'univers idolâtre,
Aujourd'hui son sommeil en serait-il plus doux?
dernier vers charmant, imité de La Fontaine avant sa conversion; mais depuis quand la mort, pour le chrétien, est-elle un doux sommeil et le cercueil un oreiller? En somme, la religion du Jour des Morts est une religion toute d'imagination, de sensibilité, d'attendrissement (le mot revient sans cesse); c'est un christianisme affectueux et flatté, à l'usage du XVIIIe siècle, de ce temps même où l'abbé Poulle, en chaire, ne désignait guère Jésus-Christ que comme le Législateur des chrétiens. Ici, ce mode d'inspiration, plus acceptable chez un poëte, cette onction sans grande foi, et pourtant sincère, s'exhale à chaque vers, mais elle se déclare surtout admirablement dans le beau morceau de la pièce au moment de l'élévation pendant le sacrifice:
Note 107:[ (retour) ]
Dans une église de Naples, à Sainte-Claire, je crois, se voit un élégant tombeau de jeune fille par Jean de Nola, avec des vers latins; tombeau grec, épitaphe païenne:
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At nos perpetui gemitus, tu, nata, sepulchri
Esto haeres, ubi sic impia fata volunt.
Cet impia fata dans une église catholique ne choque personne.
O moment solennel! ce peuple prosterné,
Ce temple dont la mousse a couvert les portiques,
Ses vieux murs, son jour sombre, et ses vitraux gothiques;
Cette lampe d'airain, qui, dans l'antiquité,
Symbole du soleil et de l'éternité,
Luit devant le Très-Haut, jour et nuit suspendue;