«Pour ma part, continua Mme Thillard, je suis désolée de n'avoir pas su le fait plus tôt. Sans fausse fierté, j'eusse probablement refusé d'aller dans cette maison, et j'eusse sagement fait. Il faut bien vous le dire, si Mme Rosalie m'inspire de la compassion, j'ai à l'endroit de son mari des sentiments analogues à ceux de mon vieux Frédéric: il me cause une répugnance que je ne puis réussir à surmonter.»

Le lendemain même de ce jour, Destroy alla chez Clément, qui le reçut avec humeur.

«Es-tu fou? s'écria-t-il. Comment! tu vas t'amuser à catéchiser Rosalie! A quoi penses-tu? Qu'avais-tu besoin de lui dire qu'il y a un Dieu, une vie éternelle, des châtiments, et le reste?

—J'ai répondu à ses questions, dit Max, voilà tout.

—Il fallait alors lui répondre, dit Clément avec énergie, qu'il n'est de Dieu que pour les idiots, que la mort c'est le néant, que les châtiments et les récompenses sont des inventions saugrenues de l'homme.

—A cause de quoi? fit Max interdit.

—Tu ne veux pas, j'imagine, apporter le trouble dans mon ménage! répliqua Clément d'un trait. Voilà maintenant que Rosalie ne me laisse de repos ni jour ni nuit, et me fatigue de tous ces rabâchages…. J'attends de toi un service.

—Quel est-il?

—Il faut que tu défasses ton ouvrage; que, par insinuations, tu étouffes, dans l'esprit de ma femme, la mauvaise graine que tu y as semée.

—Je ne puis faire cela, dit Max fermement.