—Ainsi donc, s'écria Clément furieux, il faut, parce que cela te plaît, que je souffre, moi, que je sois crucifié pour des opinions sur lesquelles je crache!

—Je te promets seulement, repartit Destroy, d'éluder les questions de
Rosalie, s'il arrive qu'elle me questionne de nouveau là-dessus.

—Eh bien, d'accord, dit Clément. Tu souffriras en outre, sans souffler, que je la raille devant toi de ses sottes visions.»

Ils parlèrent ensuite du vieux Frédéric.

«Que fait-il? demanda Clément. Il est donc au service de ton amie?

—Ah! fit Destroy avec enthousiasme, ce vieillard est réellement admirable! Quarante-cinq de ses années, il en a soixante, ont été comblées par le travail. La perte totale de ses économies, à la mort de son patron, ne lui a pas arraché une plainte. Il ne s'est préoccupé que de Mme Ducornet et de sa fille. Il les a contraintes d'accepter ses services et s'en est constitué le serviteur presque de force. Il se tient toute la journée à la disposition de Mme Thillard. Non content de cela, il emploie les deux tiers peut-être de ce qu'il gagne le soir à tenir des livres, au soulagement des deux femmes.

—C'est un vieil imbécile!» fit sur-le-champ Clément d'un air de dédain suprême.

IX.

A la campagne.

Il y avait environ quatre mois que Rosalie n'avait vu son enfant; elle en parlait sans cesse, elle se mourait de l'envie de l'embrasser. Dans ce désir, chaque jour plus vif, elle puisa passagèrement quelques forces. Il fut convenu, un samedi soir, entre elle, son mari et Max, que le lendemain ils iraient tous trois à Saint-Germain.