Mon cher, je suis venu chez vous
Pour entendre une langue humaine,
Comme un qui, parmi les Papous,
Chercherait son ancienne Athène.
Puisque chez les Topinambous
Dieu me fait faire quarantaine,
Aux sots je préfère les fous,
Dont je suis, chose, hélas! certaine.
Offrez à Mam'selle Fanny
(Qui ne répondra pas: nenny,
La salut n'étant pas d'un âne)
L'hommage d'un bon écrivain.
Ainsi qu'à l'ami Lécrivain
Et qu'à Mam'selle Jeanne.
[SONNET POUR S'EXCUSER DE NE PAS ACCOMPAGNER UN AMI A NAMUR][24]
Puisque vous allez vers la ville
Qui, bien qu'un fort mur l'encastrât,
Défraya la verve servile
Du fameux poète Castrat;
Puisque vous allez en vacances
Goûter un plaisir recherché,
Usez toutes vos éloquences,
Mon bien cher Coco-Malperché[25],
(Comme je le ferais moi-même)
A dire là-bas combien j'aime
Ce tant folâtre Monsieur Rops,
Qui n'est pas un grand prix de Rome,
Mais dont le talent est haut comme
La pyramide de Chéops!
[16]Vers de jeunesse, cités dans les Débats du 15 octobre 1864 par M. Emile Deschanel, qui fut un condisciple de Baudelaire au lycée Louis-le-Grand.
[17]Cf. note précédente.
[18]Ce huitain, que l'auteur qualifie «Hymne sentimental de l'excellent poète latin», a paru dans le Jeune enchanteur, Histoire tirée d'un palimpseste de Pompéia.
[19]Ce sonnet, qui parodie le fameux sonnet d'Auguste Vacquerie à Paul Garnier (les Demi-teintes), avait paru dans la Silhouette du 1er juin 1845, intercalé dans la lettre suivante:
«Vous n'êtes pas, monsieur, sans ignorer que le théâtre de l'Odéon est en pleine démolition. Un antiquaire de nos amis, qui a la manie de chercher proie jusque dans les endroits les plus secrets et les moins praticables, est parvenu à arracher cette curieuse pièce à la fureur des maçons acharnés sur le monument-cadavre.