Note sur les plagiats[11].—Thomas Gray. Edgar Poë (2 passages). Longfellow (2 passages). Stace. Virgile (tout le morceau d'Andromaque). Eschyle. Victor Hugo.

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Tranquille comme un sage et doux comme un maudit[12].
J'ai dit:
Je t'aime, ô ma très belle, ô ma charmante...
Que de fois...
Tes débauches sans soif et tes amours sans âme,
Ton goût de l'infini
Qui partout, dans le mal lui-même, se proclame,
Tes bombes, tes poignards, tes victoires, tes fêtes,
Tes faubourgs mélancoliques,
Tes hôtels garnis,
Tes jardins pleins de soupirs et d'intrigues,
Tes temples vomissant la prière en musique,
Tes désespoirs d'enfant, tes jeux de vieille folle,
Tes découragements;
Et tes feux d'artifice, éruptions de joie,
Qui font rire le Ciel, muet et ténébreux.
Ton vice vénérable étalé dans la soie,
Et ta vertu risible, au regard malheureux,
Douce, s'extasiant au luxe qu'il déploie.
Tes principes sauvés et tes lois conspuées,
Tes monuments hautains où s'accrochent les brumes,
Tes dômes de métal qu'enflamme le soleil,
Tes reines de théâtre aux voix enchanteresses,
Tes tocsins, tes canons, orchestre assourdissant,
Tes magiques pavés dressés en forteresses,
Tes petits orateurs, aux enflures baroques,
Prêchant l'amour, et puis tes égouts pleins de sang,
S'engouffrant dans l'Enfer comme des Orénoques,
Tes anges, tes bouffons neufs aux vieilles défroques.
Anges revêtus d'or, de pourpre et d'hyacinthe,
O vous, soyez témoins que j'ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.
Car j'ai de chaque chose extrait la quintessence,
Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or.


[6]Eugène Crépet, Œuvres posthumes, etc.

[7]Rapprocher ce paragraphe des Notes qui suivent la Troisième version. (Note de l'éditeur des Œuvres posthumes. Mercure de France, 1908.)

[8]Ce passage donnerait à' penser que cette «deuxième version» était destinée à préfacer non la 2e édition des Fleurs, mais une troisième dont, après la mort du poète, on trouva le projet arrêté dans ses notes. (Note du collecteur des Œuvres posthumes, Mercure de France, MCMXV.)

[9]Il s'agit ici évidemment des pièces qui composent l'Appendice de l'édition définitive. (Note du collecteur des Œuvres posthumes, Mercure de France, MCMXV.)

[10]Rapprocher de cette phrase celle-ci, qui se trouve au début de la préface des Paradis artificiels: «Pour digérer le bonheur naturel comme l'artificiel, il faut avoir le courage de l'avaler, et ceux qui mériteraient peut-être le bonheur sont justement ceux-là à qui la félicité, telle que la conçoivent les mortels, a toujours fait l'effet d'un vomitif.» (Note de M. Eugène Crépet.)

[11] Cette phrase semble se rapporter à la dernière ligne de la seconde préface. C'est une liste des imitations que Baudelaire a faites des poètes dont il cite les noms. (Note de M. Eugène Crépet.)