Notre première visite fut pour un ami, qui nous offrit un déjeuner des plus substantiels. Une heure après, nous étions en chasse dans les vignobles de Durnières. Mon oncle avait été élevé dans ce pays et le connaissait parfaitement. Un Aiguebellain nous avait accompagné et nous avait mis sur la piste d'une famille de renards qui causait chaque jour de grands dommages aux fermes des environs.
La chasse présenta plusieurs incidents qu'il serait trop long et peut-être oiseux de rapporter ici. Vers quatre heures du soir, nous avions forcé la retraite du renard que mon oncle emportait dans son carnier avec une visible satisfaction.
Pour moi, j'étais...
honteux comme un renard qu'une poule aurait pris!
c'est, ou jamais, le cas de le dire.
J'avais chargé cinq ou six fois mon fusil, mais je revenais les mains vides et je contemplais avec envie la carnassière gonflée de mon oncle Hilarion.
—Eh bien! mon garçon, me dit-il, te voilà tout penaud!
Je poussais un soupir.
—Eh! eh! continua-t-il en ricanant, tu voudrais peut-être bien être à ma place, hein?
Nouveau soupir du neveu, nouveau ricanement de l'oncle.