Il faut si peu de chose pour faire rire les enfants! Quand j'eus ri tout à mon aise, Hilarion Bruno recommença son récit.
—Tu dois penser quels cris d'épouvante furent poussés de côté et d'autres. Les échos, de la montagne en retentissaient... Je crus avoir commis un meurtre, et je me mis à fuir. Mes cousins m'arrêtèrent en poussant un grand cri.
Je levai la tête...
A dix pas de moi, un ours de la plus belle taille s'amusait à fourrager dans un magnifique champ d'avoine. A notre vue, il huma l'air, grogna et s'enfuit dans la direction de la montagne.
Je m'élançai à sa poursuite... Un coup de feu retentit... une balle siffla à mon oreille et je vis l'ours s'affaisser en poussant un gémissement lamentable.
Mes cousins m'expliquèrent alors que le champ était entouré d'une corde supportée par des piquets plantés de distance en distance. Un fusil y était adapté, disposé de manière à faire feu pour peu que l'on touchât la corde traîtresse.
—Et le mollet du cousin! demandai-je en souriant.
—Bah! répondit Hilarion Bruno, le mollet du cousin était protégé par de fortes guêtres, et le plomb n'avait touché que le cuir.
—Et c'est votre première chasse à l'ours? mon oncle.