[XXXIII.]

Diane d'Andouins, vicomtesse de Louvigny, surnommée la «belle Corysandre», était fille unique de Paul d'Andouins, vicomte de Louvigny, seigneur de Lescun. Elle épousa, en 1567, Philibert de Gramont, comte de Guiche, qui eut un bras emporté au siège de La Fère, en 1580, et mourut de ses blessures. Sa liaison avec le roi de Navarre paraît remonter aux premières années de son veuvage.

La comtesse de Gramont fut la constante amie de Henri, qui songea, quelque temps, avant son avènement au trône de France, à répudier Marguerite de Valois pour épouser cette femme, dont l'affection et la générosité efficace l'avaient si puissamment soutenu au milieu de tant de luttes. Après leur rupture, graduellement amenée par les infidélités du roi, Corysandre, qui était, depuis longtemps, la confidente de Catherine de Bourbon, encouragea et servit son projet de mariage avec le comte de Soissons. Il s'ensuivit, entre elle et le roi, une irrémédiable froideur. La comtesse survécut à Henri IV. On date sa mort de l'année 1624. Son souvenir est inséparable, dans l'histoire, de celui du prince dont elle aima avec une passion désintéressée la personne et la cause.

La comtesse de Gramont était une femme lettrée. Elle composait de beaux vers, qui malheureusement ne sont pas venus jusqu'à nous, et on vantait son habileté à chanter en s'accompagnant sur le luth. Michel de Montaigne lui a décerné un glorieux témoignage en lui dédiant les sonnets d'Etienne de La Boétie, «pour l'honneur, disait-il, que ce leur sera d'avoir pour guide cette grande Diane d'Andouins, d'autant qu'il y a peu de femmes en France qui jugent mieux et se servent plus à propos que vous de la poésie.» (Page [206].)

[XXXIV.]

Léo Drouyn, dans les Variétés girondines, reproduit les protestations des officiers de la garnison de Monségur en faveur d'André de Meslon. Nous donnons un de ces certificats:

«Je soussigné déclare que je n'ai jamais tenu langage à personne du monde au préjudice de l'honneur du sieur de Meslon, ni n'ai jamais dit qu'il eût failli aux devoirs de sa charge de gouverneur de Monségur, et qu'il n'eût fait ce qu'homme d'honneur doit faire, durant le siège; et s'il y a quelqu'un qui ait dit ou veuille dire que j'ai parlé au contraire, je dis qu'il a menti.

«La Croix.»

Ce La Croix était capitaine au régiment des gardes du roi de Navarre. (Page [224].)