[XXXIX.]

Par le traité de Tours, il est convenu que «le roi de Navarre, avec toute fidélité et affection, servira le roi de toutes ses forces et moyens dépendant tant de son particulier que de tout son parti, contre ceux qui violent l'autorité de S. M. et troublent son Etat, et ne les emploiera ailleurs, soit dedans ou dehors, sans le commandement ou consentement de S. M.».

Pour faciliter l'accomplissement de cette tâche, «est faite et accordée trêve générale et suspension d'armes et de toute hostilité par tout le royaume de France entre S. M. et ledit sieur roi de Navarre...».

Pour «plus grande commodité, la place des Ponts-de-Cé sera remise entre les mains du roi de Navarre, qui, en ce lieu, passera la Loire. Le passage effectué, le roi de Navarre marchera droit à l'ennemi».

D'autres stipulations sont faites au sujet des impositions, des questions financières et de l'exercice du culte. (Page [283].)

[XL.]

C'est d'après le recueil de Musset-Pathay que nous avons donné en partie les paroles adressées par le roi de Navarre à Henri III, en l'abordant à Plessis-lès-Tours. Elles sont peu connues, mais on ne peut guère douter de leur authenticité, tant elles sont conformes, par la pensée et par l'expression, au langage habituel de Henri. (Page [285].)


Voici le texte complet de la lettre reproduite en fac-simile:

«Monsieur de Batz, j'ai entendu avec plaisir les services que vous et M. de Roquelaure avez faits à ceux de la Religion, et la sauveté que vous particulièrement avez donnée, en votre château de Suberbies, à ceux de mon pays de Béarn, et aussi l'offre, que j'accepte pour ce temps, de votre dit château. De quoi je vous veux bien remercier, et prier de croire que, combien que soyez de ceux-là du Pape, je n'avais, comme vous le cuydiez, méfiance de vous dessus ces choses. Ceux qui suivent tout droit leur conscience sont de ma religion, et moi je suis de celle de tous ceux-là qui sont braves et bons. Sur ce, je ne ferai la présente plus longue, sinon pour vous recommander la place qu'avez en mains, et d'être sur vos gardes, pour ce que ne peut faillir que n'ayez bientôt du bruit aux oreilles. Mais de cela je m'en repose sur vous, comme le devez faire sur