Que de me dégager d’un si charmant amour!
—Taisez-vous donc; si l’on vous entendait; il peut passer du monde, dit Reine en regardant autour d’elle. Si vous saviez combien j’ai eu peur en venant. J’ai dit à maman que j’allais au moulin, chez mon oncle; mais ce vilain Lambernier m’a rencontrée quand j’entrais dans le bois. Qu’est-ce que je ferai, s’il dit qu’il m’a vue? Ce n’est pas ici le chemin du moulin. Pourvu qu’il ne m’ait pas suivie, encore? Je serais fraîche!
—Vous direz que vous êtes venue cueillir des fraises ou des noisettes, entendre chanter le rossignol; maman Gobillot n’y verra que du feu.—Qu’est-ce que c’est que ce Lambernier?
—Vous savez bien.... le menuisier.... Vous l’avez vu chez nous l’autre jour.
—Ah! ah! dit Marillac avec intérêt, cet ouvrier qu’on a renvoyé du château?
—Oui! et ils ont bien fait; c’est un très mauvais sujet.
—C’est lui qui vous a parlé de Mme de Bergenheim. Répétez-moi donc cela. Hier nous avons été dérangés par votre mère, au moment où vous commenciez.... Que vous a-t-il donc dit?
—Oh! des mensonges, bien sûr. Il ne faut pas croire tout ce qu’il raconte, d’abord.
—Mais enfin que raconte-t-il?
—Qu’est-ce que ça vous fait, ce qu’on dit sur Mme la baronne? répondit la jeune fille, avec un certain dépit de voir que Marillac ne s’occupait pas d’elle exclusivement.