—M’en refuserez-vous encore une boucle en souvenir de cette heure du ciel? lui dit Octave en lui arrêtant doucement la main au moment où elle allait remettre son peigne.

—En avez-vous besoin pour vous souvenir? répondit-elle en lui lançant un regard qui n’était ni un reproche ni un refus.

—Le souvenir dans mon cœur et les cheveux sur mon cœur! Nous sommes dans un siècle indigne. Je ne puis me glorifier de vos couleurs aux yeux de tous, et pourtant je voudrais porter un signe de mon servage.

—Mon chevalier! dit-elle avec une tendresse mêlée d’orgueil.

Elle laissa ses cheveux se dérouler de nouveau, puis parut embarrassée pour mettre à exécution sa gracieuse volonté.

—Je ne puis cependant pas les couper avec mes dents, reprit-elle avec un sourire qui laissa entrevoir une double rangée de perles.

Octave tira de sa poche un stylet dont la lame courte et large était tranchante comme celle d’un damas.

—Pourquoi portez-vous toujours ce poignard? demanda la jeune femme d’une voix altérée; j’éprouve une terreur involontaire en vous voyant ainsi armé.

—Ne craignez rien, dit Gerfaut sans répondre à cette question, je respecterai le bandeau qui vous sert de couronne. Je sais où il faut couper, et si mon ambition est grande, ma main sera discrète.