| Distances : | du Kheneg Tarea à Tizgi comme d’Ourika à Tesaouant. |
| De Tizgi à Taṛrout comme d’Ourika à Tesaouant. | |
| De Taṛrout à Tamnougalt comme d’Ourika à Tesaouant. | |
| De Tamnougalt à Iṛir Azeggar comme de Tamnougalt à Agdz. | |
| Iṛir Azeggar fait face à Iriṛer. | |
| Intliten est à peu près en face de Rebaṭ, un peu plus haut que lui. |
De Tizgi à Iriṛer, pas de désert, tout est palmiers.
Les trois premiers qçars de la rive droite et les six premiers de la rive gauche portent le nom collectif de Ras Dra, ou Ras Mezgîṭa, ou Afella n Asif, ou Afella n Dra.
Le Mezgîṭa est un district indépendant. Sa population, exclusivement composée de Draoua (Ḥaraṭîn), est gouvernée par un chikh héréditaire. Ce chikh, ou plutôt ce qaïd, car tel est le titre qu’il prend, est actuellement Qaïd Ạbd er Raḥman ben El Ḥasen ; il réside à Tamnougalt ; il est blanc ainsi que ses enfants : ceux-ci sont fils d’une sœur du Zanifi, chikh de Tazenakht. Sa famille a le pouvoir suprême dans le Mezgîṭa depuis plusieurs siècles ; elle est originaire du Tazarin. Il ne reconnaît le sultan que comme autorité spirituelle et, de fait, n’admet point sa suprématie. Il lui envoie chaque année un cadeau consistant en deux qanṭars de henné et un ou deux chevaux de bât. Il est fort riche, a de grandes propriétés et lève un impôt annuel de 55000 francs ; 50000 francs sont payés par ses sujets musulmans, 5000 par les Juifs. Un ordre sévère règne sur son territoire : tout voleur est puni de mort : c’est la seule peine qu’il connaisse. Aussi, quoique ses États n’aient aucun rapport avec le sultan, dit-on qu’ils sont « blad el makhzen », allusion à la sûreté et à l’ordre qui y règnent. Le Mezgîṭa, le district d’Aït Zeri et le Tinzoulin sont les seuls lieux du Maroc qui, bien qu’indépendants du sultan, soient dits « blad el makhzen », façon d’exprimer la régularité de leur gouvernement.
En dehors du Mezgîṭa proprement dit, dont nous venons de parler, on compte comme en faisant partie les deux petits qçars d’Ourika (Iouriken), dans la vallée de l’Ouad Tamtsift.
Il y a à peine 7 ou 8 chevaux dans le Mezgîṭa : le qaïd en possède 4.
Le Mezgîṭa a deux marchés : le Ḥad Agdz et le Khemîs Tamnougalt.
Il contient 5 mellaḥs.
II. — Aït Seddrât.
Le district de l’Aït Seddrât fait suite à celui du Mezgîṭa : il se compose des rives de l’Ouad Dra, de la limite du Mezgîṭa à celles de l’Aït Zeri et du Tinzoulin. On passe du Mezgîṭa dans l’Aït Seddrât sans s’en apercevoir, en marchant toujours à l’ombre des palmiers. Voici les qçars dont se compose ce district, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :