Distances :de Qaçba Messoun à Tâza comme de Lalla Maṛnia à Oudjda.
de Qaçba Messoun à Gersif comme de Taourirt (Ouad Za) à Qaçba el Ạïoun.

OUAD ZA. — Il prend sa source dans la partie du Ḍahra parcourue par les Aït Bou Ouchchaouen, auprès d’un groupe de puits appelé Tisreïn. Pendant plusieurs journées, son cours se poursuit dans le Ḍahra, c’est-à-dire sur un immense plateau désert.

Il y reste jusqu’à Tegafeït. De sa source à ce point, il n’a qu’un seul lieu habité sur ses bords,

Qaçba Ras el Ạïn Beni Matar.100 fusils.

Sauf ce petit qçar, isolé dans la plaine solitaire, l’Ouad Za est désert jusqu’à Tegafeït. Là il change brusquement d’aspect. Le Ḍahra cesse ; la rivière entre dans une étroite vallée, resserrée entre le Djebel Beni Bou Zeggou à droite, le Djebel Oulad Ạmer et le Djebel Mergeshoum à gauche. Les bords, arides jusque-là, se couvrent de champs et de jardins, et resteront tels jusqu’au confluent de la rivière avec la Mlouïa ; de Tegafeït à ce point, l’Ouad Za n’est qu’un long verger : c’est cette riche partie de son cours qu’on appelle blad Za. Elle se divise en deux portions : la première, de Tegafeït à Qaçba Beni Qoulal ; l’Ouad Za reste en montagne, resserré entre les deux massifs que nous avons nommés ; la deuxième, de Beni Qoulal à la Mlouïa ; il coule en plaine, ruban vert se déroulant le long des sables de l’Angad.

Tant qu’il est en montagne, l’Ouad Za, bien que garni de superbes cultures, n’est pas très peuplé. Les tribus auxquelles appartiennent champs et jardins, tribus qui ne vivent que sous la tente, habitent le flanc de sa vallée et non le fond. Nous parlerons plus tard de ces tribus. Dans cette partie, le Za n’a que quelques tentes dispersées au milieu des cultures, et deux villages :

Tegafeït.100fusils.
Qaçba Beni Qoulal.50

Mais aussitôt qu’il entre en plaine, il devient très habité. Les Kerarma, qui possèdent cette dernière partie de son cours, résident sur ses rives mêmes, leurs tentes disséminées au milieu des cultures. Ils n’ont point de maisons ; il n’existe que deux constructions dans cette portion du Za :

On voit donc que le cours de l’Ouad Za se divise en deux parties distinctes : l’une, de sa source à Tegafeït, aride, inculte, déserte ; l’autre, de Tegafeït à son confluent avec la Mlouïa, cultivée, garnie de jardins, aussi riche que la précédente était désolée, aussi verdoyante qu’elle était aride. Ces deux portions sont si différentes l’une de l’autre que les indigènes donnent à chacune un nom particulier. De Tisreïn à Ras el Ạïn Beni Matar, ils appellent la rivière Ouad Charef ; de Ras el Ạïn Beni Matar à la Mlouïa, ils la nomment Ouad Za. Ils n’étendent jamais la signification de ces deux termes et n’emploient pas l’un pour l’autre. Le point de Ras el Ạïn Beni Matar, qu’ils ont choisi comme marquant le lieu de changement dans la manière d’être de l’ouad, est remarquable à un double titre : c’est le premier lieu habité qui se trouve sur le cours de la rivière depuis sa source, et c’est à partir de là que l’Ouad Za a de l’eau d’une façon permanente ; au-dessus de ce point, il n’a que des ṛedirs qui se remplissent au moment des pluies ; au-dessous, il a de l’eau partout, en toutes saisons. De ce dernier fait vient le nom de Ras el Ạïn donné à la qaçba des Beni Matar.